PENC PENC    









Lenteur 


pour la revue Aristide 
2019

En vente sur le site.

En ne me laissant que peu de répit, l’idée de lenteur, sa présence fuyante, sa forme mouvante, sans oublier sa rengaine ininterrompue m’obsède. Et plus elle m’obsède, plus je m’agite, logique, mais étant donné l’évidente contradiction de cette affirmation, je me sens sous pression.     Car cette agitation, cet indécrottable sentiment de s’accomplir par le biais d’une agitation effrénée, nous a conduit jusqu’à ce rivage sur lequel nous nous constatons aujourd’hui échoués. Coincés. Acculés. Toutes ces merveilleuses inventions pondues jusqu’ici risquent de n’être d’aucun secours si nous ne réfléchissons pas ensemble dans un calme relatif. Sans précipitation.     Ah la belle phrase ciselée avec l’amour de l’intellectuel qui ne participe à la baignade que du bout des doigts – l’eau est tellement sale, c’est vrai quoi !
Non. Cette fois, il s’agit de la lenteur du quotidien. D’une lenteur – en opposition avec la précipitation actuelle qui fait loi – des menus gestes du quotidien, d’une lenteur assumée dans le but de retrouver le temps dont nécessite chaque action. Le temps des postures intellectuelles & bourgeoises est révolu : ralentir pour agir.

Sur un texte d’Antón de Macedo.